Site internet ou page Facebook : le choix pour artisans

Si votre activité tourne grâce au bouche-à-oreille, que vous publiez déjà régulièrement et que vos clients vous appellent sans chercher sur Google, une page Facebook fait le travail. Elle cesse de suffire dès que vous voulez apparaître dans une recherche locale, renseigner le champ « site web » de votre fiche Google, ou maîtriser l'adresse que vous imprimez sur un devis. Ce n'est pas un choix moral : c'est un choix d'usage, et les deux réponses existent.
La réponse directe
Facebook et un site ne servent pas la même chose. Une page Facebook est un lieu de publication : elle vit de ce que vous y postez, et s'éteint quand vous arrêtez de poster. Un site est une adresse : il répond même quand vous n'avez rien à dire, parce qu'il contient vos prestations, votre zone d'intervention et votre moyen de contact.

Il y a un point où le choix se tranche seul, et il vaut la peine de le lire dans le texte de Google plutôt que dans ma reformulation. Ses consignes de représentation des établissements demandent, à la section « Site Web et téléphone », d'« indiquer le numéro de téléphone de votre établissement ou un site Web qui le représente ». Et elles précisent : « Ne fournissez pas un numéro de téléphone ni une URL redirigeant les utilisateurs vers des pages de destination ou des numéros de téléphone autres que ceux de votre établissement proprement dit (y compris des pages créées sur des sites de réseaux sociaux). »
Deux choses en découlent. La première : le champ « site web » n'est pas obligatoire — une fiche sans site fonctionne, s'affiche, reçoit des avis et des appels. La seconde : y mettre l'adresse de votre page Facebook contrevient à ces consignes. Rien ne vous en empêche techniquement, le formulaire accepte l'adresse ; c'est une règle, pas un verrou, et ce qu'on risque en l'enfreignant relève de la modération de la fiche. Si vous n'avez que Facebook, laissez donc ce champ vide : c'est la lecture conforme, et ce n'est pas une faute. Le texte complet est dans l'aide officielle de Google sur les fiches d'établissement.
Qui peut se contenter d'une page Facebook
Je préfère le dire clairement, même si mon métier est de faire des sites.
Une page Facebook seule tient la route dans plusieurs cas concrets. Vous travaillez sur recommandation, votre carnet est plein, et vos clients vous trouvent par une personne, pas par une recherche. Votre activité se raconte en images fréquentes : un plombier qui photographie ses chantiers, un fleuriste qui montre ses compositions, un food-truck qui annonce sa position du jour. Vous avez déjà une audience locale sur la plateforme, et elle réagit. Dans ces situations, ouvrir un site que vous ne mettrez jamais à jour ajoute une dépense et une page morte.
À l'inverse, la page seule devient un frein quand vos clients cherchent avant d'appeler. Un artisan du bâtiment consulté pour des travaux importants est comparé : le prospect veut lire vos prestations, vos assurances, votre zone, sans créer de compte ni scroller trois mois de publications. La page seule gêne aussi quand vous répondez à des appels d'offres, quand vous démarchez des professionnels, ou quand vous voulez une adresse e-mail à votre nom de domaine plutôt qu'une boîte gratuite.
Un troisième cas mérite d'être nommé : vous ne publiez plus. Une page abandonnée depuis longtemps donne une information à votre visiteur, et ce n'est pas celle que vous voulez. Là, un site de quatre pages qui ne bouge pas vieillit mieux qu'une page sociale figée.
| Ce que vous voulez faire | Page Facebook seule | Site avec nom de domaine |
|---|---|---|
| Montrer des chantiers récents, souvent | Adaptée, c'est son usage principal | Possible, demande une organisation de publication |
| Renseigner le champ « site web » de la fiche Google | Contraire aux consignes de Google | C'est l'usage prévu du champ |
| Garder la main sur la mise en page et le contenu | La plateforme décide du format et de l'ordre | Vous décidez de l'un et de l'autre |
| Avoir une adresse stable sur un devis ou un véhicule | L'adresse dépend de la plateforme | L'adresse dépend de votre domaine |
| Créer une adresse e-mail à votre nom | Non prévu | Inclus dès que le domaine existe |
| Démarrer sans budget de création | Création gratuite sur la plateforme | Domaine et hébergement à payer |
Ce qu'il faut faire, dans l'ordre

Commencez par la fiche d'établissement Google, avant le site et avant Facebook. C'est elle qui s'affiche quand quelqu'un tape votre métier suivi de votre ville. Vérifiez le nom exact, l'adresse, les horaires, le numéro de téléphone, et la catégorie d'activité. Ajoutez des photos réelles de votre travail. Laissez le champ « site web » vide si vous n'avez pas de site : c'est autorisé.
Ensuite, décidez de ce que vous êtes prêt à tenir. Si vous publiez déjà, ouvrez ou nettoyez la page Facebook et gardez ce rythme. Si vous savez que vous ne publierez pas, ne créez pas la page : une coquille vide se retourne contre vous.
Troisième étape, réservez votre nom de domaine, même sans site. C'est la seule dépense que je conseille à tout le monde, y compris à ceux qui restent sur Facebook. Un domaine vous appartient tant que vous le renouvelez, il porte votre adresse e-mail, et il vous évite de découvrir un jour que votre nom est pris.
Quatrième étape, construisez le site quand une question revient trop souvent. Pas quand un article vous dit qu'il en faut un. Quand vous vous surprenez à répéter votre zone d'intervention au téléphone, quand on vous demande vos tarifs par message privé, quand un client vous dit « je n'ai rien trouvé sur vous » : ce sont ces signaux qui rendent le site utile. Je ne fixe pas de seuil chiffré, parce que je n'en ai pas mesuré. Quatre pages suffisent souvent au départ.
De quoi le coût est fait, dans les deux cas

La page Facebook ne coûte rien à créer. Son coût réel est du temps, et il est récurrent : photographier, écrire, répondre aux messages. Ce temps ne diminue pas avec les mois, il se répète.
Le site a une structure de coûts différente : un poste de départ, la conception, puis deux postes annuels, le nom de domaine et l'hébergement. À cela s'ajoutent les mises à jour techniques, qui ne se voient pas mais qui existent. Je ne donne pas de montants dans cet article, parce qu'un chiffre sorti d'un exemple ne dit rien de votre cas : trois pages avec des photos que vous fournissez et huit pages avec des textes à écrire n'ont pas le même prix. Les questions de délais et de périmètre sont traitées dans la FAQ.
Un mot sur le domaine, parce que c'est la décision la plus simple des trois : son prix est public, affiché par n'importe quel bureau d'enregistrement, et vous pouvez le comparer vous-même en deux minutes. C'est le seul de ces postes que vous n'avez pas besoin de me demander.
Les limites de cet article
Je n'ai pas de mesure locale sur ce sujet, et je le dis parce que la plupart des articles sur cette question en affichent une sans l'avoir. Les données dont je dispose sur les sites du Cher portent uniquement sur des commerces qui ont déjà un site : par construction, ils ne me renseignent pas sur ceux qui n'en ont pas et qui s'en sortent très bien. Savoir combien d'artisans berruyers vivent uniquement de leur page Facebook demanderait un relevé de terrain que je n'ai pas fait. Je ne vous vendrai donc pas de pourcentage.
Deuxième incertitude, réelle : les règles des plateformes changent, et les fonctions d'une page professionnelle aujourd'hui ne sont pas garanties dans deux ans. C'est le seul argument solide contre la dépendance à Facebook seul, et il ne se chiffre pas. Le point vérifiable, lui, est stable et public : les consignes de Google demandent de ne pas mettre une page de réseau social dans le champ « site web », et ce champ reste facultatif.
Troisième limite, la plus importante : ce choix dépend de votre métier et de la façon dont vos clients vous trouvent aujourd'hui. Un article ne peut pas la connaître à votre place.
Une vérification gratuite avant de dépenser
Si vous hésitez, envoyez-moi le nom de votre entreprise et l'adresse de votre page Facebook si vous en avez une. Je regarde votre fiche d'établissement Google, je vous dis ce qui y manque, et je vous dis franchement si un site change quelque chose dans votre situation ou non. Sans rendez-vous et sans devis à la clé. D'autres questions de ce type sont traitées sur le blog.
Une vérification gratuite, sans devis à la clé
Envoyez-moi le nom de votre entreprise et l'adresse de votre page Facebook. Je regarde votre fiche d'établissement Google, je vous dis ce qui y manque, et si un site change quelque chose pour vous — ou non.
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